Numéro 1, octobre 2026Édition nationalePrix : un essai gratuit
La Gazette du T
Le seul journal qui ne quitte jamais le T. Rédaction : Baptiste, et c'est tout.
À la une
Battu 3-0, un quadragénaire affirme qu'il « s'échauffait encore »
Interrogé à la sortie du court, l'homme a assuré qu'il « commençait tout juste à trouver ses sensations ». Ses genoux, eux, n'ont pas souhaité s'exprimer.
Le tableau des scores, saisi comme pièce à conviction par notre rédaction.
La scène s'est déroulée mardi soir, peu après 19 heures. Au terme d'une rencontre de 24 minutes, conclue sur le score sans appel de 11-2, 11-4, 11-3, le joueur a quitté le court d'un pas assuré avant de lancer : « Là, je suis chaud. On en refait un ? ». Son adversaire, désemparé, a accepté par politesse.
Il nous confie : « Je ne savais pas qu'un échauffement pouvait durer trois jeux. Je vais revoir ma préparation. » Selon plusieurs témoins, le perdant aurait aussi mis en cause, dans l'ordre : la lumière, le cordage, la chaleur, un repas trop copieux et « une balle clairement défectueuse ». La balle, placée sous surveillance, nie toute complicité.
Un spécialiste de la mauvaise foi sportive se veut rassurant : « Ce phénomène touche presque tous les joueurs après 35 ans. Il n'existe aucun traitement connu. »
Le second match s'est soldé par une nouvelle défaite. Le joueur évoque désormais une « récupération incomplète ».
L'Enquête
Le let : décision sportive ou arnaque organisée ?
Pendant un mois, notre rédaction a infiltré les courts de France. Ce qu'elle y a découvert pourrait bouleverser le squash amateur. Ou pas.
Tout commence par une main levée. Puis un regard. Puis ce mot, prononcé avec la gravité d'un témoin au tribunal : « Let ? ».
Nos enquêteurs ont assisté à 212 demandes de let en quatre semaines. Dans 100 % des cas, le joueur qui le réclame le juge évident. Dans 100 % des cas également, son adversaire le trouve « limite ».
Plus inquiétant, nous avons identifié une pratique répandue : le let préventif, réclamé avant même que la balle n'ait touché le mur frontal. Ses adeptes parlent d'anticipation. Les autres, de sabotage.
Nos lecteurs sont priés de ne pas contester cet article.
Reconstitution des faits, vue du ciel.
Notre étude en chiffres :
212demandes de let observées par notre rédaction
100 %des demandeurs les jugent parfaitement évidentes
4 minde débat en moyenne pour un let refusé
Micro-trottoir : « Le let, pour vous, c'est quoi ? »
Un droit fondamental. Surtout quand je suis mené.Philippe, 46 ans
Je n'en demande jamais. Enfin, seulement quand il y en a.Sandrine, 39 ans
Mon partenaire en demande un par point. On ne joue plus, on négocie.Stéphane, 48 ans
C'est quoi, un let ?Julien, 33 ans, débutant depuis lundi
Petites annonces
Rencontre Cherche partenaire de niveau légèrement inférieur pour reprendre confiance. Discrétion assurée.
Vente Vends raquette peu servie, cordage intact. Motif de la vente : tout était de sa faute.
Emploi Club recherche joueur capable de ramasser la balle sans soupirer. Débutant accepté.
Échange Échange revers fragile contre n'importe quel autre revers. Étudie toutes propositions.
Perdu Perdu motivation, entre le vestiaire et le court numéro 2. Forte récompense.
Divers Donne excuses pour défaite, toutes situations. Stock renouvelé chaque semaine.
L'Horoscope du squasheur
Bélier. Évitez le fond de court. Et les escaliers demain.
Gémeaux. Votre double personnalité brillera : l'un joue, l'autre conteste.
Balance. Vous hésiterez entre l'amorti et le lob. Vous ferez faute.
Scorpion. Un let vous sera refusé. Vous en parlerez jusqu'à Noël.
Poissons. Vous direz « je suis rouillé », puis gagnerez 3-0. Plus personne ne vous croira.
Le courrier des lecteurs
« Chère Gazette, mon conjoint passe plus de temps au squash qu'à la maison. Que dois-je faire ? »
Nathalie, 44 ans
Chère Nathalie, nous avons transmis votre question à votre conjoint. Il vous répondra après son match. Et après le suivant.
La rédaction
Nécrologie
Hommage à la balle double point jaune, disparue le 12 octobre sous le radiateur du vestiaire. Elle avait rebondi fidèlement pendant trois saisons, sans jamais se plaindre des coups reçus. Ni fleurs ni couronnes.